Nouveau Mitsubishi Pajero : le retour du grand SUV
Mitsubishi Motors relance l’un de ses modèles les plus emblématiques avec un Pajero entièrement renouvelé, présenté officiellement ce 02 septembre 2026. Pensé comme le nouveau vaisseau amiral de la marque, ce SUV revient avec une ambition claire : conserver les capacités tout-terrain qui ont fait sa réputation tout en ajoutant davantage de confort, de technologie et de finition haut de gamme. Fabriqué sur le site thaïlandais du groupe, il sera d’abord commercialisé en Thaïlande, puis au Japon et en Australie au cours de l’exercice fiscal 2026, avant un déploiement progressif vers une centaine de pays à partir de 2027, notamment en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et au Moyen-Orient.
Lancé en 1982, le Pajero s’est construit une réputation solide sur quatre générations et plus de 3,29 millions d’unités écoulées dans plus de 170 pays. C’est cette légitimité que Mitsubishi cherche à faire évoluer avec un triptyque assumé : « Confiance », « Confort » et, nouveauté de cette génération, « Prestige », pensé pour positionner le véhicule comme un SUV premium plutôt qu’un simple tout-terrain utilitaire.
Un Pajero qui pourrait avoir du sens au Sénégal

Le communiqué de Mitsubishi ne cite pas explicitement les marchés africains dans le calendrier de lancement, ce qui invite à la prudence plutôt qu’à la précipitation. La feuille de route évoque une extension « à partir de l’exercice 2027 » vers une centaine de pays, incluant l’ASEAN, l’Amérique latine et le Moyen-Orient, mais reste muette sur l’Afrique subsaharienne.
Reste que pour le marché sénégalais, le retour du Pajero est loin d’être anecdotique. Le SUV se place précisément sur un terrain où les véhicules familiaux doivent souvent composer avec des réalités très différentes : circulation urbaine à Dakar, longs trajets interurbains, routes dégradées et escapades sur des pistes ou des surfaces sablonneuses.
La présence de La Sénégalaise de l’automobile, avec son showroom et son service après-vente, constitue également un élément favorable à une éventuelle commercialisation locale. Toutefois, Mitsubishi n’annonce pour le moment ni date d’arrivée en Afrique ni tarif spécifique pour ce marché. Il faudra donc attendre une confirmation officielle avant de parler de disponibilité.
Un diesel taillé pour les pistes plutôt que pour l’électrique

Sur le plan mécanique, le choix de Mitsubishi tranche avec la tendance à l’électrification qui domine les annonces des constructeurs occidentaux : le nouveau Pajero est propulsé par un bloc diesel 2,4 litres à turbocompresseur à géométrie variable, développant un couple maximal de 480 Nm, associé à une nouvelle boîte automatique à 8 rapports. Ce choix technologique colle bien aux réalités du marché sénégalais, où le diesel reste largement disponible et où l’infrastructure de recharge électrique demeure embryonnaire en dehors de Dakar.
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Le châssis échelle (ladder frame) à haute rigidité, la suspension à double triangulation à l’avant et à essieu rigide multibras à l’arrière, ainsi qu’une garde au sol de 230 mm, sont autant d’arguments qui parlent directement aux conditions de circulation sénégalaises : routes secondaires dégradées, pistes latéritiques en saison sèche comme humide, et besoin réel de franchissement pour les usages professionnels (ONG, mines, agriculture) autant que familiaux.
Confiance, Confort, Prestige : une philosophie remaniée pour un usage polyvalent
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Le système S-AWC, couplé à la transmission intégrale Super Select 4WD-II, permet de basculer entre quatre modes de traction (propulsion, 4×4 permanent, différentiel central verrouillé, ou verrouillé avec gamme courte), complétés par sept modes de conduite dédiés au sable, à la boue, au gravier ou à la roche. Pour un pays où le franchissement de zones inondées en saison des pluies ou de pistes sablonneuses vers l’intérieur du pays fait partie du quotidien de nombreux conducteurs, cette polyvalence est un argument concret, bien au-delà de l’image « baroudeur » habituellement associée au segment.

À l’intérieur, l’accent est mis sur le confort avec une troisième rangée de sièges pensée pour des adultes, une climatisation tri-zone et une isolation phonique renforcée par du vitrage acoustique. Le tableau de bord horizontal, hérité de la première génération, embarque deux écrans de 14,3 pouces et un système audio Yamaha à douze haut-parleurs, positionnant clairement le véhicule sur un segment familial haut de gamme plutôt que sur celui, plus utilitaire, qu’occupait historiquement le Pajero.
Sécurité embarquée : un niveau d’équipement qui creuse l’écart avec l’offre locale actuelle
Le nouveau Pajero embarque un ensemble d’aides à la conduite encore peu répandu sur le marché sénégalais du SUV familial : freinage d’urgence avec détection des piétons et cyclistes, alerte de sortie de voie avec assistance au maintien, régulateur adaptatif combiné au maintien de trajectoire (MI-PILOT), ainsi qu’une caméra 3D à 360 degrés incluant une vue sous le véhicule, particulièrement utile pour évaluer l’état d’une piste avant de s’y engager. Huit airbags, dont un airbag central inédit chez Mitsubishi, complètent ce dispositif. Si ces technologies arrivent effectivement au Sénégal, elles constitueront un différenciateur net face aux Toyota Land Cruiser Prado, Nissan Patrol et Ford Everest déjà installés sur le segment des grands SUV familiaux à Dakar.
Quel prix pour le pouvoir d’achat sénégalais, et face à quels concurrents ?
Mitsubishi n’a pas communiqué de tarifs, et il serait hasardeux d’en avancer pour un marché encore hypothétique. On peut néanmoins raisonnablement s’attendre à un positionnement premium, cohérent avec l’ambition « Prestige » affichée par la marque, ce qui le rapprocherait davantage du segment occupé par le Toyota Land Cruiser Prado ou le Ford Everest haut de gamme que de l’entrée de gamme SUV familial. Pour la clientèle sénégalaise, habituée à arbitrer entre le coût d’acquisition et la disponibilité des pièces détachées sur la durée, la question de la solidité du réseau après-vente de La Sénégalaise de l’Automobile sera probablement aussi déterminante que le tarif catalogue lui-même dans l’adoption du modèle, le jour où il sera commercialisé localement.
En attendant une confirmation officielle du calendrier africain, ce lancement mondial confirme au moins une chose : Mitsubishi n’a pas renoncé au segment des SUV tout-terrain robustes, dans un marché où de nombreux constructeurs concentrent leurs efforts sur l’électrique. Une orientation qui, elle, colle parfaitement aux réalités du Sénégal et pourrait, à terme, redonner au Pajero une place de choix sur les routes et les pistes du pays.



