Le Sénégal entre dans l’ère de la production automobile locale
Le Sénégal s’apprête à franchir un tournant historique. Trois projets majeurs d’assemblage automobile verront bientôt le jour sous la houlette du ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Guèye Diop. Portés par la vision du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, ces projets annoncent une véritable révolution industrielle : celle du « Made in Sénégal » dans le secteur automobile.
Mercedes, Kia et les Chinois dans la course
Premier acte de cette transformation : un partenariat stratégique entre l’État du Sénégal et Mercedes pour la fabrication de véhicules militaires. Une usine est déjà en cours d’installation à Diamniadio, fruit d’un accord signé en Allemagne entre les ministères de l’Industrie et des Forces armées. À terme, cette unité sera transférée à Touba, où elle constituera le socle d’une future industrie de défense nationale.

Deuxième projet d’envergure : l’arrivée de Kia Motors. Le constructeur sud-coréen a signé une convention pour l’assemblage de véhicules au Sénégal, avec un site pilote à Diamniadio avant une implantation définitive à Touba sur un espace de 400 hectares, offert par le Khalife général des Mourides. Ce projet s’inscrit dans une dynamique de création d’emplois, de transfert de technologie et de montée en compétence des jeunes Sénégalais.
Enfin, les constructeurs chinois s’apprêtent à lancer des lignes d’assemblage de taxis électriques. Une initiative en phase avec la transition mondiale vers la mobilité propre. En anticipant la fin annoncée des véhicules thermiques en Europe à l’horizon 2035, le Sénégal veut devenir un acteur clé de l’électromobilité en Afrique de l’Ouest.
Touba, futur cœur industriel du Sénégal
Symbole fort de cette nouvelle ère, la ville sainte de Touba s’impose comme le futur épicentre industriel du pays. Les 400 hectares mis à disposition par le Khalife général serviront de base à un écosystème industriel complet. Selon le ministre, des études d’aménagement sont déjà en cours avec trois partenaires techniques pour en faire un pôle de compétitivité de niveau international.
Cette synergie entre l’État et les autorités religieuses traduit une approche inédite du développement : inclusive, territoriale et tournée vers l’avenir. Touba, déjà moteur économique, pourrait devenir le cœur battant de l’industrie automobile sénégalaise.
Une réforme pour dynamiser le marché
En parallèle, le gouvernement a adopté une réforme attendue du parc automobile. Lors du Conseil des ministres du 15 octobre 2025, la limite d’âge pour les véhicules importés a été assouplie : désormais, les voitures légères peuvent avoir jusqu’à 10 ans, contre 8 auparavant, et les poids lourds jusqu’à 15 ans. Une mesure qui vise à rendre les véhicules plus accessibles tout en soutenant la relance du secteur.
Certains concessionnaires expriment leurs réserves, craignant une baisse temporaire des ventes de voitures neuves. Mais à long terme, cette ouverture devrait stimuler l’activité automobile et renforcer la complémentarité entre importation et production locale.
Un cap historique pour le Sénégal

Avec Mercedes, Kia et les constructeurs chinois en première ligne, le Sénégal affirme sa volonté d’écrire une nouvelle page de son histoire industrielle. La combinaison entre ambition politique, soutien religieux et partenariats internationaux positionne le pays comme un futur hub automobile régional.
Ces projets ouvrent de multiples perspectives : emplois, innovation, transition écologique et souveraineté économique. Reste à savoir si cette ambition se traduira rapidement sur le terrain, une question à laquelle les prochains mois apporteront sans doute des réponses.