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Il y a des victoires qui s’inscrivent dans les livres d’histoire. Celle de Nagy Kabaz aux 43èmes 6 Heures de Dakar en fait indéniablement partie. En franchissant la ligne d’arrivée dimanche soir sur le Circuit de Dakar Baobabs de Sindia, le pilote vétéran a décroché son 12ème titre dans cette épreuve mythique, portant à 170 le nombre de tours bouclés en cumulé sur les deux manches. Une performance mécanique et humaine hors du commun.

 

Un record qui force le respect

Douze titres, le chiffre donne le vertige. En passant de 11 à 12 victoires aux 6 Heures de Dakar, Nagy Kabaz s’impose définitivement comme le recordman absolu de la compétition. À 62 ans, cet homme d’endurance a démontré une fois de plus que l’expérience et la régularité priment sur la fougue de la jeunesse. Son temps cumulé : 6 heures, 13 minutes et 17 secondes, au volant d’une Radical SR3 aux couleurs de l’Écurie Sénégal, en compagnie de son fidèle co-pilote Karim Karitt.

Derrière cette victoire se cache une association rodée à l’excellence. Leur stratégie pour cette édition mérite qu’on s’y attarde : miser sur la fiabilité mécanique plutôt que sur la puissance brute.

 

Jérémy Azar : la pole, la malchance et la leçon

Il avait tout pour gagner. Jérémy Azar, pilote de la Porsche 997 engagée en trio avec Elliot Ezzedine et Yoan Azar, a réalisé ce week-end l’une des prestations les plus abouties du plateau. Mais la victoire lui a échappé dans les circonstances les plus cruelles.

Dès les essais libres, le ton est donné : feeling parfait avec la voiture, cohésion exemplaire au sein du trio. Le samedi matin, en qualifications, Jérémy signe la pole position, meilleur temps du plateau. Au départ de la première manche, il mène la course d’une main de maître pendant une heure entière avant de céder le volant à Elliot Ezzedine.

C’est là que tout bascule. « Au bout de 2-3 tours, son pneu a éclaté. On pense qu’un de nos mécaniciens a mal serré le pneu », raconte Jérémy. « C’est une erreur qui arrive, ce sont des choses qui arrivent dans la course. » Mais les conséquences sont immédiates et sévères : 7 tours perdus le temps de rentrer au stand, changer la roue et repartir. Un gouffre en course d’endurance.

La Porsche s’accroche. L’équipage remonte, grignote trois tours d’écart sur le leader. Mais au drapeau à damier, il manque encore 4 tours pour coiffer Nagy Kabaz. « On est un peu déçus, parce que c’est une erreur du team. Mais comme je dis souvent : on gagne ensemble, on perd ensemble », lâche le jeune pilote, fair-play dans la défaite. Et il regarde déjà vers l’avant : « On va rebondir, on va revenir plus fort l’année prochaine. »

 

Sophia Azar : le courage d’une pionnière brisé par la chaleur

Il n’y a qu’une seule femme sur la grille de départ de cette édition 2026, et elle s’appelle Sophia Azar. Seule au volant de sa Clio lors de la première manche du samedi, elle prend le départ sans co-pilote, assumant seule la totalité de l’effort sur un plateau majoritairement masculin. Une performance en soi, saluée par l’ensemble du paddock.

Mais la course d’endurance est impitoyable. Le dimanche, alors que l’arrivée se profile, la mécanique trahit Sophia à quelques tours seulement du drapeau à damier : une surchauffe moteur met fin à son week-end prématurément. La frustration est immense. Elle tenait la distance et avait le rythme. La malchance seule aura eu raison d’elle.

 

Dakar Racing Club : la régularité récompensée

La Team Dakar Racing Club avait vu grand pour cette édition, engageant pas moins de quatre voitures. Mais la course a ses caprices : seules trois d’entre elles ont pu s’élancer. Malgré cet accroc logistique, la team affiche une belle solidité tout au long du week-end. Elle s’empare de la deuxième place en catégorie 2 Litres, confirmant sa constance au plus haut niveau local. Dans une discipline où la régularité est reine, c’est là la marque d’une structure qui sait gérer ses courses, ses hommes et ses machines.

 

Team NVA : abandon sur ennuis mécaniques

L’autre revers marquant de ce week-end concerne la Team NVA, contrainte à l’abandon après une défaillance mécanique qui n’a laissé aucune chance à ses pilotes de voir l’arrivée. Une déception cruelle pour une équipe qui avait certainement nourri de grandes ambitions à l’entame de ce week-end.

 

Le champion regarde vers l’avenir

À 62 ans, Nagy Kabaz ne pense pas encore à raccrocher le casque. « Je suis debout et en forme, je continuerai à courir », confie-t-il. Entre le vétéran recordman et le jeune loup affûté, entre la sagesse de l’expérience et la fougue de la jeunesse, les 6 Heures de Dakar ont encore de beaux chapitres à écrire. Mais à l’heure actuelles, le trône appartient à Nagy Kabaz.

 

Les résultats de la 43ème édition des 6h de Dakar

 

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